Directeur principal, Affaires médicales (ret.)
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17 janvier 2025
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19 novembre 2024
Article
La résistance antimicrobienne est bien reconnue comme une menace majeure pour la poursuite de la médecine moderne en raison des infections difficiles à traiter causées par de multiples bactéries résistantes, notamment les bactéries à Gram négatif (BGN) et les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV), en particulier dans les milieux à risque élevé et chez les patients vulnérables quand la morbidité et la mortalité associées à de telles infections sont élevées1.2. Les programmes de prévention et de contrôle des infections visent à prévenir la transmission et la colonisation par des approches telles que le dépistage des admissions à risque élevé et l’isolement ou la séparation en cohortes des personnes connues pour être colonisées. Cependant, le risque réel que les patients colonisés développent des infections a été difficile à quantifier, ce qui limite la compréhension complète des avantages des programmes de dépistage et des traitements prophylactiques ou préventifs pour les patients colonisés.
Une revue systématique très détaillée et une méta-analyse3 couvrant 44 études de cohortes dans 14 pays a tenté de fournir la meilleure estimation du risque d’infection pour les patients porteurs gastro-intestinaux de BGN ou d’ERV multirésistants, calculé comme une incidence cumulative ou une densité d’incidence d’infection, en tenant compte de délais bien définis. En résumé, les auteurs ont pu démontrer que le risque d’infection est plus élevé chez les patients colonisés par des bactéries à Gram négatif résistantes aux antibiotiques de la classe des carbapénèmes (environ 4 par 1000 jour-patient) et que ce risque est presque cinq fois plus élevé que le risque pour les patients colonisés par un ERV.
Les auteurs reconnaissent certaines limites à cette étude, en particulier en ce qui concerne le fait que l’analyse était limitée par les différences régionales dans le nombre de sources de données et les données d’incidence disponibles. Néanmoins, ce type de données deviendra de plus en plus pertinent à mesure que les établissements de soins de santé prendront des décisions difficiles concernant la priorisation des programmes de surveillance active et l’identification des patients qui bénéficieraient le plus des schémas thérapeutiques prophylactiques ou préventifs prévus.
Références :
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